Juliette Clovis

 
 
 

Depuis une dizaine d’années, l’artiste française Juliette Clovis s’intéresse à l ‘identité féminine et à la représentation de la femme dans la société contemporaine. Ses tableaux de découpe d’une extrême minutie empruntent et mélangent références mythologiques,  historiques, religieuses ou autres codes ethniques pour créer ses créatures féminines. Après des premiers travaux très colorés proches du Pop Art, l’artiste s’est peu à peu inventé un univers graphique singulier mêlant sensibilité néo-classique et vocabulaire baroque, servi par une technique unique dont elle est l’initiatrice.

Prenant le contre-pied du courant actuel de l’art contemporain français, l’artiste attache une importance toute particulière à la recherche technique et esthétique. Elle appréhende chaque tableau comme une pièce de haute couture pour laquelle des dizaines voire des centaines d’heures de découpe seront nécessaires à sa réalisation. Et c’est cette même quête qui l’a conduite cette année à commencer le travail d’un nouveau médium: la porcelaine.

Dans son travail le plus récent, Juliette Clovis explore les thèmes d’invasions et de métamorphoses.

Le thème de « métamorphose » est ambigu. En biologie, il fait référence à la période de la vie d’un être vivant correspondant à sa transformation vers une nouvelle forme. Mais la métamorphose a également un sens psychologique avec des changements pouvant intervenir dans le caractère et donc l’identité d’une personne.

Le travail de l’artiste sur l’identité féminine représentée jusqu’alors de manière classique et quasi photographique se transforme en se laissant envahir par une multitudes d’éléments extérieurs. De nouvelles femmes apparaissent recouvertes d’une profusion d’élément naturels comme saturées de faune et de flore. Certaines mêmes, complètement anthropomorphiques, interpellent et dérangent. Telles des chimères à visages humains, ces créatures nous confrontent à notre propre humanité.

A travers ces corps et ces visages semblant disparaître au profit d’une nature luxuriante, l’artiste explore l’identité féminine, sa place et sa relation avec la nature.

Les nouveaux portraits qu’elle nous propose sont une véritable hybridation de styles et d’époques mêlant allégorie, poésie et surréalisme.

For about a decade, the French artist
Juliette Clovis has focused on female identity and the representation of women in modern society. Her artwork, made of cuttings of extreme minutia cut by the artist’s hand, draws inspiration from a combination of mythological, historic and religious references as well as other ethnic codes to produce her feminine creations. After her first very colorful works, which were close to Pop Art, the artist has evolved a graphical singular universe combining neo-classic sensitivity and a baroque language, brought to life through a unique technique that she has pioneered.

Contrary to the current French contemporary art movement, the artist places a very particular emphasis on technical and aesthetic research. She seizes each piece of art like pieces of haute couture on which she will spend hundreds of hours to form her creations. And it is this same quest that drives her work this year with a new medium: porcelain.

In her most recent work, Juliette Clovis explores the topics of invasions and metamorphosis in human body.

The theme of metamorphosis is ambiguous. In biology, the term refers to a process of transformation within the life span of an entity. But metamorphosis equally has a psychological meaning, with changes intervening in the character and therefore the identity of the person.

Juliette Clovis’ work on female identity, which until now has represented a classic and quasi-photographic approach, is being transformed with an invasion by a multitude of new external elements. New women emerge covered in a profusion of natural elements packed with wildlife and flora. Certain pieces are completely anthropomorphic, challenging and disturbing. Take for instance the chimeras with human faces – creatures that confront us with our own humanity.

These bodies and faces seem to fade away in favor of luxurious nature, and the artist explores female identity, its place and its relation with nature.

The new portraits that she now proposes are a veritable hybridization of style and eras, a blend of allegory, poetry and surrealism.